vendredi 10 avril 2020

Km 5500 - Chili, Carretera Austral de Cochrane à Villa O’Higgin’s

6àVélo termine la Carretra Austral !

La vidéo de l’étape : https://youtu.be/nIqUp_DKB58




Par Pauline,
Du 13 au 18 mars 2020
De Cochrane à Villa O’Higgins
(Avant notre confinement à Cochrane)

Départ de Cochrane

Nous quittons Cochrane pour notre dernier tronçon sur la Carretera Austral vers Villa O’Higgins située 222 km plus au sud. Sur la route il n’y a pas de ravitaillement possible. Nous embarquons donc de la nourriture pour 6 jours en simplifiant au maximum les menus pour limiter le poids. Riz, pâtes et purée continuent de constituer nos menus du soir. Le midi c’est pain, fromage, chocolat. Le matin : flocons d’avoine. On oublie nos 5 rations de fruits et légumes quotidiens...


Nous nous autorisons juste une petite variante le premier soir où en souvenir de notre soirée trappeur avec nos amis Polonais, nous récidivons. Nous partons donc avec 12 patates et saucisses dans les sacoches, le tout porté par Elise et Octave !

Au milieu de la première journée, Jacques déchire son pneu arrière sur le flanc. Nous n’avons pas de pneu de rechange car la marque vend ses pneus pour 10000 km et nous n’en sommes qu'à 5000…On répare donc avec du scotch armé à l’intérieur et de la glue à l’extérieur pour stopper le déchirement. On espère vraiment que ca tiendra...

Le premier soir nous  avons parcouru 43km et trouvons un super spot de camping au bord d’une rivière au creux d’un bois pour faire notre soirée trappeur. Les enfants sont ravis…

Une journée de mauvais ripio et l’ombre du Covid 19 qui nous rattrape...

Le lendemain les 15 premiers kilomètres sont un enfer… la machine qui refait les pistes en commençant par soulever les cailloux vient de passer. Le sol est mou, de gros cailloux ronds nous empêchent d’avancer. Nous devons beaucoup pousser...le moral n’est pas au top ! Nous croisons deux américains qui nous disent que la piste s’améliore. Nous nous raccrochons à cet espoir…

Nous poursuivons notre route sur ce ripio difficile au dénivelé fatiguant. Sur la route, les carabiniers nous avertissent que le petit village de Tortel est entré en quarantaine car un cas de Coronavirus a été detecté. Nous n’avions pas prévu d’y aller, mais nous ne pensions pas être rattrapé si vite par le virus au fin fond de la Patagonie.

Jour 3, nous prenons un ferry d’une heure pour traverser de Puerto Yungay à Rio Bravo. Nous passerons la nuit dans la « salle d’attente » de l’embarcadère avec toilette et eau courante...le luxe ! Nous sommes surtout heureux d’avoir un toit pour la nuit car le ciel est menaçant. Nous avons retrouvés Louise et Mike, les 2 canadiens qui parcourent la Carretera Austral à peu près au même rythme que nous. Nous ne les avions pas vu depuis Puerto Rio Tranquillo et nous ne pensions pas les recroiser. Eux choisissent de planter leur tente en extérieur...ce sont vraiment des durs, ils nous impressionnent !

Le matin nous partons sous la pluie. Le moral est bas comme le ciel. Nous avons appris que la frontière vers l’Argentine vient de fermer...nous croisons des minibus chargés de vélo qui repartent vers le nord...Octave nous demande à quoi bon continuer si on ne peut pas traverser et continuer notre aventure… les larmes ne sont pas loins… La journée en plus s’annonce difficile car nous visons un abri à cycliste situé à 47 km et 3 cols à 600m plus loin… L’avantage quand on pédale sous la pluie c’est que l’on a moins tendance à s’arrêter. Les 20 premiers kilomètres de plat sont donc vite avalés. Plus tard, nous pic -niquons sous la pluie qui redouble abrités sous le tarp. Dans l’après midi, la pluie se calme et nous scrutons avec envie les coins de ciel bleu qui apparaissent. Nous avons l’impression d’être vraiment au bout du monde ici; Il y a très peu de circulation, pas d’habitation, les routes semblent infinies et nous nous sentons tout petits !

Nous finissons par arriver à l’abri, fiers d’avoir atteint notre objectif. Finalement, le soleil sera vraiment présent à la fin de la journée et nous plantons nos tentes au soleil, l’abri étant un peu exigu et pas super propre.

Mais c’est vous les 6avelo ?

Mike et Louise arrivent environ 1 heure après nous, puis vers 20h00 alors que nous sommes en train de dîner 3 autres cyclistes débarquent, un tchèque, un belge et un français.  Très vite et comme à chaque fois avec les cyclotouristes le feeling passe bien entre nous. Nous faisons un peu plus connaissance avec Martin (le belge) et Aurélien (le francais). Nous échangeons sur nos voyages et nos vies respectives. Alors surgit la question qui va rendre le sourire aux enfants après cette journée difficile: « Mais c’est vous les 6avelo? ». Aurélien est abonné à notre chaîne YouTube et nous a suivi depuis le début de notre aventure. Son oncle et sa tante son des amis des parents de Jacques et lui avaient parlé de notre projet. Octave est trop fier de rencontrer en vrai son premier abonné ! La probabilité d’en rencontrer un, est déjà rare, alors le rencontrer sur la carretera Austral….C’était vraiment ce dont les enfants avaient besoin aujourd’hui pour retrouver la joie de pédaler et de poursuivre notre route vers Villa O’Higgins malgré les aléas perturbateurs.

Nous continuons à discuter avec eux, ils sont étudiants en architecture en Belgique. Ils ont décidé de prendre du temps pour découvrir le monde avant de rentrer dans le monde du travail. « De bons jeunes ça !!!» comme dirait Jacques !

Derniers jours avant la ligne d’arrivée

Nous nous réveillons sous un grand soleil entourés de montagnes enneigées et de glaciers. La température est plus fraîche mais le soleil nous réchauffe. Nous n’avons plus qu’une cinquantaine de kilomètres à parcourir avant d’atteindre Villa O’Higgins. Nous savons que notre voyage - tel que nous l’avions prévu - s’arrêtera là alors nous prenons notre temps comme pour savourer ces derniers instants et graver dans nos mémoires ces paysages de bout du monde, ces instants en famille si uniques...

Nous bivouaquons 14km avant Villa O’Higgins. Tout a une saveur de « dernier ». Dernier bivouac, dernière partie de pêche, dernier feu, dernière vaisselle...On sent qu’une page va se tourner et nous voulons la tourner lentement. Nous finissons nos stocks de nourriture, il est temps d’arriver à un point de ravitaillement car les sacoches sont vides. Les derniers kilomètres sont difficiles, le ripio est mauvais, le vent fort est de face et le dénivelé pas toujours à notre avantage. Comme si la carretera voulait que nous nous souvenions vraiment d’elle jusqu’au bout...

Nous arrivons à Villa O’Higgins, le carabinier en poste à l’entrée du village, nous confirme que la frontière est fermée et accepte de nous prendre en photo devant le panneau de la ville. 

Dans le village, nous croisons quelques personnes gantées et masquées. Nous croisons d’autres cyclistes coincés comme nous qui errent dans la rue à la recherche de moyen de locomotions pour remonter vers le nord. Le matin le président Chilien Pinera a parlé pour décréter  l’état d’urgence et annoncer les mesures sanitaires comme partout dans le monde. Il va falloir s’adapter !

Sortie de Cochrane :


Nous croisons quelques gauchos :






Pause mécanique suite à la déchirure du pneu arrière :












Échange de renseignements avec  2 Cyclos américains :


Petite chute de Charlotte :










La police ferme la route pour Tortel qui passe en quarantaine suite
a un cas de Covid 19...:










Picnic sous la pluie :












Rencontre avec Aurélien et Martin :


AU départ pour les 2 derniers jours sur la caretera :














On recroise des amis cyclistes Anglais qui rebroussent
chemin suite à la fermeture de la frontière avec l’Argentine :






Arrivée à Villa O’Higgins , nous bouclons (avec fierté) les 1300 kms
de Caretera Austral !



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6 commentaires:

  1. toujours une belle aventure, des belles photos, une vidéo sympathique, de la bonne humeur, un beau voyage. Bon courage pour la suite

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  2. Je vous suis depuis quelques étapes. Un immense bravo à vous six d'avoir été au bout de la carretera austral et merci de m'avoir fait rêver. Bon courage à vous dans cette période si compliquée.

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  3. Los amigos. Quelle émotion ! Vous savoir si loin et vous voir si proche via votre blog et mieux les vidéos. En ce moment si particulier cette "distance/iation" est bien pénible à vivre, pour vous qui mettez en mouvement de si belle manière. Que ce temps soit comme un sas, un "désert" qui recentre sur l'essentiel, sur les cents ciels. On vous attend avec confiance pour le muguet, ça sent déjà bon. Ah au fait,nouveau défi pour Elise: jouer Resucito au ukélé..avec chorale autour!

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  4. Hey Guys! Well done, this is once in a life adventure. You are the best velo family ever. Thanks for sharing all your stories. Please keep it calm, you are strong and you'll be just fine. Greetings from Playa del Carmen :D Clara y Javier.

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  5. Superbe périple, bravo à toute la famille. C'etait un peu "irréel" de vous voir avancer sur la Carretta alors que nous commencions notre confinement en France. Et voila les pays et les villes qui se referment sur eux même. Bon courage pour ce confinement dans l'Emisphere Sud. Ici , du coup on fait les courses en vélo car les voitures se font très rares. Bises à tous. Christophe

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  6. Salut les amis. Nous sommes toujours impressionnés par vos images. On ne se lasse pas de vous voir tous en famille au fil de votre périple vivre l'aventure. De loin depuis notre confinement français cela paraît d'autant plus exceptionnel. On vous fait tous de très grosses bises très fraternelles. En UDP.
    Prenez soin de vous !
    JP, Géraldine et les filles

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