dimanche 22 mars 2020

Km 5000 - Chili, Caretera Austral de Coyhaique à Puerto Rio Tranquilo

6àVélo sur les derniers km goudronnés de la Caretera Austral !

La vidéo de l’étape : https://youtu.be/yIyy1GAr2ok



Par Pauline,
Du 18 février au 7 mars 2020
De Coyhaique à Puerto Rio Tranquillo

Administration Chilienne et Internet

Nous passons 4 nuits à Coyhaique bien ressourçantes sans y faire grand chose (à part l’école un peu quand même !). Nous passons tout de même, une bonne demi journée à tenter d’enregistrer nos téléphones. En effet, au Chili, lorsqu’on achète une carte SIM locale pour un téléphone étranger, on doit enregistrer le téléphone sinon il se bloque au bout de 30 jours. Pour cela, il faut fournir des photocopies de passeport, billets avion, facture du téléphone, numéro IMEI….toute cette procédure se fait par internet. Après avoir reçu 4 messages nous disant que les papiers fournis ne correspondent pas, ou qu’ils sont trop lourds nous parvenons enfin à nous enregistrer.
Nous avons été demander de l’aide au ministère des transports et télécommunications et une gentille dame à passé 2 heures avec nous et au téléphone pour nous dire exactement ce qu’il fallait mettre dans les champs requis… C’est le genre de démarches administratives bien agaçantes dont personne ne comprends ni les tenants ni les aboutissants mais c’était indispensable si nous voulions continuer à utiliser nos téléphones bien utiles il faut le reconnaître !

Départ de Coyhaique 

Nous profitons de cette grande ville pour faire nos stocks de nourriture dans un grand supermarché et dans un petit magasin vrac pour refaire le plein de graines et fruits secs. Nous en profitons aussi pour réviser les vélos et regonfler les pneus, acheter du matériel de réparation et regarder quelques films en famille…ça fait du bien ! Nous allons également à la messe du mercredi des Cendres célébrée par l'évêque dans la cathédrale de Coyhaique.

Après 4 jours, nous sommes fin prêts pour attaquer la deuxième partie de la carretera austral !

Après Coyhaique les paysages changent radicalement. Nous quittons la verdure et la jungle pour pédaler dans des paysages plus arides, à l’ambiance minérale. 

Nous trouvons toujours des spots de campings sauvages vraiment sympa, au bord de l’eau. Nous sommes toujours sur de l’asphalte et nous roulons en passant 2 cols à 1200 mètres autour du parc national du Cerro Castillo. Entre les deux cols, nous rencontrons Sébastien, un belge vivant au Québec. Nous passons la pause déjeuner avec lui, puis pédalons ensemble quelques kilomètres. 

Adieu le goudron, bonjour le ripio

Le lendemain, nous finissons notre ascension puis admirons des lacets splendides au pied du Cerro Castillo. Le temps est toujours au beau fixe, nous avons beaucoup de chance ! Nous faisons le plein au village et repartons en fin de journée pour attaquer (avec un peu d’appréhension) nos premiers kilomètres de ripio (piste). Nous savons que celui ci durera jusqu'à Villa O’Higgins, là où s'arrête la carretera austral. Nous verrons bien si nous aurons le courage d’aller jusque là…

Environ 13 kilomètres après Villa Cerro Castillo, le goudron s’arrête effectivement et le très mauvais ripio commence...dès les premiers kilomètres nous souffrons. Nous plantons notre tente au bord de la route, près d'un pont; Un couple de canadien, Louise et Mike, assez âgé est là aussi. Ils nous impressionnent, en plus de leur âge (un bon 65 ans…), ils ont une toute petite tente et ont l’air de vivre assez « roots »… Sans vraiment pédaler ensemble nous roulerons au même rythme qu’eux sur plusieurs jours...

Piste en Chantier

Nous roulons vers l’ouest et le vent dans le nez nous affrontons le ripio. Les premiers kilomètres nous éprouvent au point que nous hésitons à arrêter une voiture. Après une petite crise de larmes dans l’équipe (c’est fou comme la mauvaise qualité de la route peut affecter le moral !) et une pause pic nic, nous repartons affronter les kilomètres. Nous traversons une zone en chantier, ce qui nous facilite la vie car la route est coupée pour les voitures à cause des explosions prévues... Nous pédalons donc seuls sur cette piste avec quelques camions de chantiers qui nous encouragent et patientent longuement pour pouvoir nous doubler. A la sortie de la zone de chantier alors que les voitures attendent à la queu leu leu, certains conducteurs sortent de l’habitacle pour nous photographier...ils doivent se demander ce que nous faisons là alors qu’on leur a interdit l’accès depuis des heures

Rencontre musicale

Le soir nous plantons notre tente dans un abri à bois près d’une maison. Nous sommes bien protégés du vent. En fin de journée nous sommes rejoint par Jessica, une américaine et Alejandro, un chilien qui passent une heure avec nous pour se reposer. Ce qui est marrant c’est que l’info circule très vite entre tous les cyclistes qui traversent la Caretera et Jessica a entendu parler de nous depuis un moment notamment par Jean-Philippe avec qui nous avions roulé une semaine auparavant, notre convoi familial ne passe pas inaperçu ! . Jessica est la 3ème d’une famille de 8 enfants et joue régulièrement du Ukulele. Lorsqu’elle entend Elise en jouer, elle ne peut résister à pousser la chansonnette… elle avait l’habitude d’en jouer avec ses sœurs. Elise le lui prête pour les 2 jours qui viennent, nous nous retrouverons à Puerto Rio Tranquillo où elle nous le rendra. Elle a vraiment l’air heureuse de repartir avec ce petit instrument qu’elle avait renoncé à emporter pour ce voyage.

Le défi de Charlotte

L’avantage sur la piste est que nous roulons tous au même rythme. Alors que sur le goudron, les plus lourds prennent beaucoup de vitesse dans les descentes et attaquent la montée plus facilement, sur la piste nous sommes tous debout sur les pédales à serrer les freins et nous devons attaquer la côte au même rythme. Solène et Charlotte nous impressionnent par leur capacité à avaler les kilomètres sur leurs petits vélos. Sur la piste elles préfèrent avancer seules sans être tractées pour éviter les chutes. Charlotte s’est d’ailleurs lancé le défi de faire toute la Carretera Austral seule...pour le moment à part quelques tractages lorsqu’on doit pousser les vélos elle maintient le cap !

Tranquillos a Puerto Rio Tranquilo

Nous arrivons à Puerto Rio Tranquillo fatigués physiquement et mentalement par cette piste vraiment pourrie : mélange de tôle ondulée et de cailloux sur laquelle nous faisons difficilement plus de 30 km par jour. Nous ne pouvons admirer les paysages qu’en nous arrêtant car le reste du temps nous avons le nez sur la piste. Nous trouvons une cabane et rechargeons les batteries pour quelques jours. Jessica viendra passer 2 soirée avec nous à jouer du Ukulélé et à nous faire des démonstrations de corde à sauter qu’elle pratiquait à un niveau compétition plus jeune. Elle est pleine de dynamisme et de peps’, ce qui nous fait du bien au moral ! 

De son côté, elle est heureuse de passer quelques heures avec une famille qui lui rappelle la sienne. Nous recroisons aussi Alejandro qui roule avec Jessica. Les deux nous disent avoir été inspirés par notre famille et qu’ils sont repartis sur la piste 2 jours avant alors qu’ils étaient prêts à baisser les bras en nous voyant passer avec les enfants. Ce qui est marrant c’est que nous même avions trouvé notre motivation en voyant pédaler le couple de Canadiens de 65 ans !!! On a tous besoin des autres pour avancer dans la vie...

Le lendemain nous retrouvons Sébastien, le cycliste Belge rencontré 3 jours avant. Nous hébergeons 2 nuits dans notre cabane car la météo est mauvaise avec de la pluie et un fort vent. Il nous prépare de bonnes pâtes végétariennes et des crêpes « belges » délicieuses. Comme d’hab nous échangeons comme si on se connaissait depuis 20 ans, c’est sympa et lui est heureux d’avoir un toit sur la tête et une douche chaude !

Cette pause nous a fait du bien, il nous reste environ 10 jours de vélo sur la piste si l’on veut aller au bout de la Caretera, à suivre !

Devant notre cabane de Coyhaique :


Vent dans le dos !
















Rencontre avec Sebastien, cyclo Belge :


Rencontre avec un couple de Canadiens :


C’est froid mais ça fait du bien :










Une belle descente en perpective sur Cerro Castillo :










C’est partit pour 450 km de ripio...:






Le moral toujours au fond de la gamelle...:




Opération purification de l’eau :


Partie de piste en réfection :








Avec Jessica et Alexandro, un petit air de Ukulele :
























Descente vers Puerto Rio Tranquilo:




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1 commentaire:

  1. Quel plaisir de découvrir votre blog après vous avoir brièvement rencontrés sur cette étape ! Souvenez-vous, lors de la longue montée avant d'arriver sur Villa Cerro Castillo. Bon courage pour la suite de l'aventure qui pour nous tous, prend une toute autre tournure !

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